Troie (Ilios)
La ville assiégée dans l'Iliade, identifiée depuis 1822 au monticule d'Hisarlık dans le nord-ouest de la Turquie et fouillée en continu depuis 1870. L'identification du lieu est établie ; ce qui s'y est passé ne l'est pas.
Troie est le seul lieu de cet atlas où convergent les textes, les fouilles et des archives indépendantes. L'Iliade décrit une ville fortifiée sur une plaine traversée par des rivières, en vue de l'Hellespont et accessible depuis une plage où les navires peuvent être tirés au sec. Hisarlık correspond à cette description, et c'était une véritable forteresse de l'âge du bronze récent : Troie VI et VIIa présentent des murs massifs, une ville basse et des couches de destruction datant à peu près des bons siècles.
L'histoire de l'identification du site est elle-même instructive. Pendant un siècle, le lieu privilégié fut Pınarbaşı, sur la base d'un détail du texte ; Maclaren proposa Hisarlık en 1822 pour des raisons topographiques et fut ignoré jusqu'à ce que Schliemann y entreprenne des fouilles. Les fouilleurs ultérieurs — Dörpfeld, Blegen, Korfmann — ont presque entièrement remplacé les conclusions de Schliemann tout en confirmant son site.
Des documents hittites mentionnent un lieu nommé Wilusa dans cette région, ainsi qu'un roi Alaksandu de Wilusa. La plupart des spécialistes acceptent l'équivalence Wilusa = Ἴλιος (Ilios) ; cela fait de Troie la seule cité homérique attestée dans des archives étrangères contemporaines.
Identifications proposées
Hisarlık (Troie VI / VIIa)
Proposé par: Charles Maclaren (1822); Schliemann, Dörpfeld, Blegen, Korfmann
Acceptée12/12ÉlevéeUn monticule occupé pendant environ 3 000 ans, doté d'une citadelle fortifiée de l'âge du bronze récent et — depuis Korfmann — d'une importante ville basse tout autour. Il se situe là où l'Iliade exige qu'une ville se trouve : sur la plaine du Scamandre, en vue de l'Hellespont, au pied du mont Ida, avec Ténédos et Imbros au large. Les archives hittites mentionnent indépendamment une Wilusa dans cette région, que la plupart des spécialistes assimilent à Ἴλιος.
39.9576, 26.2389· Site
- Recherche universitaireCharles Maclaren, A Dissertation on the Topography of the Plain of Troy (1822)
- ArchéologieHeinrich Schliemann, Ilios: The City and Country of the Trojans (1881)
- ArchéologieCarl W. Blegen et al., Troy: Excavations Conducted by the University of Cincinnati 1932–1938 (Princeton, 1950–1958)
- ArchéologieManfred Korfmann, Troia/Wilusa excavation reports, Studia Troica (1988–2005)
- Recherche universitaireJoachim Latacz, Troy and Homer: Towards a Solution of an Old Mystery (Oxford University Press, 2004)
- Texte primaireStrabo, Geography 13.1
Confiance12/12 · Confiance élevée- Textuel
- 3
- Archéologique
- 3
- Scientifique
- 3
- Géographique
- 3
Pınarbaşı (identification abandonnée)
Proposé par: Jean-Baptiste Lechevalier (1791)
Spéculative3/12FaibleL'identification qui a dominé les études européennes pendant un siècle, étayée par les sources près desquelles courent Hector et Achille (Iliade 22.147–156). Les fouilles n'ont révélé aucune ville de l'âge du bronze de l'envergure requise à cet endroit, et le site est trop éloigné de la mer pour les navires tirés au sec de l'Iliade. Il est conservé dans l'atlas car c'est en se trompant publiquement que la question de Troie a été résolue. Les coordonnées sont approximatives par rapport au village.
39.8500, 26.2300· Zone
- Recherche universitaireJean-Baptiste Lechevalier, Description of the Plain of Troy (Edinburgh, 1791)
- Texte primaireHomer, Iliad (trans. A. T. Murray, Loeb, 1924)
- Recherche universitaireCharles Maclaren, A Dissertation on the Topography of the Plain of Troy (1822)
Confiance3/12 · Confiance faible- Textuel
- 2
- Archéologique
- 0
- Scientifique
- 0
- Géographique
- 1
Pourquoi cette catégorie
Accepté : un site réel faisant l'objet d'un consensus à la fois archéologique et scientifique. La rubrique obtient un score de 12/12 car les quatre critères sont satisfaits de manière indépendante — le texte est précis, les fouilles sont profondes, le consensus est général et la géographie environnante correspond sans nécessiter d'arguments spécieux.
Ce qui fait débat
Ce qui est établi, c'est le lieu, non la guerre. La question de savoir si la destruction de Troie VIIa a été causée par une coalition achéenne, si un siège semblable à celui de l'Iliade a eu lieu, et quelle part du monde du poème relève du VIIIe siècle plutôt que du XIIIe siècle, reste entièrement ouverte. Les affirmations de Korfmann sur la taille et l'importance de la ville basse ont suscité de vives critiques de la part de ses collègues en 2001-2002. Cet atlas localise la ville avec un niveau de confiance élevé et ne prend pas position sur l'historicité de la guerre.
Sources
- Texte primaireHomer, Iliad (trans. A. T. Murray, Loeb, 1924)
- Texte primaireHomer, Odyssey 8.499–520
- Texte primaireStrabo, Geography 13.1
- Recherche universitaireJean-Baptiste Lechevalier, Description of the Plain of Troy (Edinburgh, 1791)
- Recherche universitaireCharles Maclaren, A Dissertation on the Topography of the Plain of Troy (1822)
- ArchéologieHeinrich Schliemann, Ilios: The City and Country of the Trojans (1881)
- ArchéologieCarl W. Blegen et al., Troy: Excavations Conducted by the University of Cincinnati 1932–1938 (Princeton, 1950–1958)
- ArchéologieManfred Korfmann, Troia/Wilusa excavation reports, Studia Troica (1988–2005)
- Recherche universitaireJoachim Latacz, Troy and Homer: Towards a Solution of an Old Mystery (Oxford University Press, 2004)